Crédits immobiliers

Crédit immobilier : ce qui va changer avec la hausse des taux de la BCE

  Mis à jour le 17/08/2022 02:08 - ( mots)  Par Laura Martin
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Alors qu’en juillet 2022, l’inflation au sein de l’Union européenne a atteint de nouveaux sommets, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de frapper fort. Pour la première fois depuis 11 ans, elle rehausse son taux directeur de 0 à 0,5 %. Bien que les conditions d’emprunt s’étaient déjà largement resserrées ces derniers mois, la situation se complique donc encore un peu plus pour les emprunteurs immobiliers. Plus d'explications avec Drimki.

Crédit immobilier : conséquences de la hausse des taux de la BCE @Adobestock

Pourquoi la BCE augmente-t-elle son taux directeur ?

Depuis le début de l’année 2022, l’inflation dans la zone euro s’emballe. La reprise post-covid, associée à la guerre en Ukraine et à une crise énergétique sans précédent, provoque une flambée de prix à la consommation. En juin, l’inflation moyenne dans l’ensemble de l’Union européenne atteint 8,6 % sur un an. Si la France plafonne à 5,8 %, certains pays voient leur prix augmenter de plus de 10 %. Pour la BCE, il est urgent d’agir pour stabiliser l’inflation à son taux acceptable de 2 %.

Pour ramener un peu de calme, la BCE a donc décidé de renchérir le prix de l’argent prêté aux banques commerciales. Si emprunter coûte plus cher, les consommateurs devraient logiquement réduire leurs dépenses. Mécaniquement, un tel comportement devrait assurer une baisse des prix.

Hausse des taux de la BCE : une forte augmentation des taux d’emprunt immobilier

Le taux directeur de la BCE, aussi appelé taux de refinancement, impacte directement le coût de votre emprunt immobilier. Ce taux s’applique en effet aux prêts octroyés par une banque centrale aux banques commerciales. Par la suite, elles répercutent le coût de leur emprunt sur les crédits octroyés aux particuliers et aux entreprises. Pour faire simple, plus le taux de refinancement de la BCE est élevé, plus les taux d’emprunt immobilier des ménages augmentent et inversement.

Par conséquent, d'ici à la fin de l'année, les taux bruts des crédits immobiliers devraient connaître une forte hausse et atteindre environ 3 % contre moins de 2 % actuellement. Pour les nouveaux emprunteurs, acheter un bien immobilier coûtera donc plus cher. Si vous avez souscrit un crédit immobilier à taux variable, vous allez voir votre mensualité augmenter.

Hausse des taux de la BCE : l'exclusion de certains ménages du marché immobilier

Pour certaines catégories d'emprunteurs, la situation se complique en 2022. Le Haut Conseil de Stabilité Financière impose en effet depuis plusieurs mois des conditions d’emprunt drastiques :

  • Taux d'endettement limité à 35% des revenus nets ;
  • Durée de remboursement maximale fixée à 25 ans.

Mais c’est le taux d’usure, combiné à la hausse du loyer de l’argent, qui exclut encore davantage une partie des acheteurs immobiliers. Il s’agit d’un taux maximal autorisé pour les opérations de prêt. En pratique, les banques ne peuvent donc octroyer de crédit à un taux supérieur au taux d’usure. Or celui-ci se rapproche sensiblement des taux de crédit actuels :

  • 2,60 % pour les prêts à taux fixe d'une durée de dix à vingt ans ;
  • 2,57 % pour les prêts à taux fixe d'une durée de vingt ans et plus.

Vers une baisse des prix de l’immobilier en 2022 ?

La hausse des taux est une rupture majeure sur le marché de l’immobilier français. Elle pourrait marquer la fin de l’envolée des prix, grâce à des taux d’intérêt bas et des durées de prêts particulièrement longues. Des taux d’intérêt plus élevés pourraient inciter certains ménages à renoncer à leur achat. Sans oublier tous ceux qui n’auront plus accès au crédit pour concrétiser leur projet.

D’autres facteurs pourraient également favoriser une baisse des prix de l’immobilier : la généralisation de la mise en place de plafonds de loyers dans les villes en zones tendues ou les impacts du DPE.

Toutefois, au niveau national, il est plus probable d’assister à un ralentissement de la hausse qu’à un véritable recul des prix. Un tel scénario nécessiterait en effet une mise sur le marché massif de nouveaux biens permettant ainsi une hausse importante de la demande. Or, à ce jour, celui-ci semble exclu.

Augmentation des taux, resserrement des conditions d’octroi, prix toujours élevés, pas facile d’emprunter aujourd’hui pour acquérir un bien immobilier. Dans ce contexte, n’hésitez pas à faire jouer la concurrence en optimisant votre dossier grâce aux conseils d’un expert en financement.

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